Abbatiale Sainte-Marie

L’église abbatiale fut terminée vers 1145-1150. L’ensemble des bâtiments, dès la fin du XIIème siècle, formait un monastère pouvant rivaliser avec les grandes abbayes du Sud Ouest. Son rayonnement était important puisque 80 églises et prieurés dispersés dans le haut-Quercy, le Limousin et le Périgord dépendaient de Sainte-Marie de Souillac.

Arrive la guerre de Cent ans, avec son cortège de méfaits et de déprédations. Par deux fois, Souillac est assiégée et prise par les Anglais. Il faudra parvenir au milieu du XVème siècle pour voir cesser les pillages, les dévastations, les famines auxquels s’ajoutèrent les terreurs de la fameuse peste noire. La cité et le monastère souffrirent tellement de tous ces malheurs que le doyen Guy d’Ornhace (1447) est obligé de les repeupler grâce à des « colons » attirés de fort loin. Le monastère est reconstruit et bientôt retrouve sa splendeur passée. Le 3 décembre 1508, le cardinal Amanieu d’Albret se fait octroyer, par Bulle Pontificale, le tire d’abbé de Souillac et, pour le doyenneté de Saint-Marie, celui d’abbaye.

Réservée à de puissants abbés commendataires, l’abbaye va traverser alors la prédiode la plus dramatique de son histoire avec les guerres de Religion. Souillac, point stratégique, « un des meilleurs passages de la Dordogne », affirme dans ses mémoires le Duc de Rohan, est pris et repris dans des circonstances toujours dramatiques. 1562-1573 seront des années terribles pour les catholiques du Haut-Quercy. Ici, on met le feu à tous les bâtiments claustraux, l’église est saccagée mais résistera aux coups de mines. Par contre, l’église paroissiale Saint-Martin est ruinée et l’on peut voir encore le beffroi déchiqueté.

En 1632, Henry de la Mothe Houdancourt, le plus célèbre seigneur abbé de Souillac, grand aumônier de la reine Anne d’Autriche, fait restaurer l’abbatiale, les bâtiments conventuels et instaure à Souillac la réforme monastique, confirmée par Urbain VIII et groupant un certain nombre de monastères sous le nom générique de « Congrégation de Saint-Maur ». les travaux de restauration furent longs. La dernière pierre fut posée en 1712. Dans le Monasticum Galliccanum, Dom Germain a laissé un précieux témoignage de l’abbaye Sainte-Marie « vraiment captivante dans sa robe toute neuve ». Ce document peut être consulté au musée aménagé dans la tour porche de l’église.

Survient la tourment révolutionnaire. Les biens de l’abbaye sont vendus, en application de la loi du 14 avril 1790. Bientôt c’est l’expulsion des religieux (25 novembre 1790). L’abbatiale est fermée et transformée en temple de la déesse Raison (mars 1794).
Elle ne sera ré-ouverte qu’en 1801. Elle est alors dans un total état d’abandon et de dévastation. En 1830, elle devient église paroissiale et accueille son premier curé. Le conseil municipal de l’époque s’occupe des réparations urgentes ; la toiture est remaniée en 1835, l’église est aménagée en 1838. Classée en 1841, elle est restaurée par les soins des services compétents qui, depuis lors, ont entrepris d’importants travaux et continuent encore de nos jours à s’intéresser activement à ce joyaux du Quercy, vrai chef-d’oeuvre du monde roman.

www.lot-46.com/souillac-lancienne-abbatiale-sainte-marie

5 Rue Louqsor
46200 Souillac

Back to top